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J'ignore tout de ce désespoir hurlant contre lequel je ne peux rien.

J'ignore tout de ce désespoir hurlant contre lequel je ne peux rien.
Je n'en peux plus.
Nous ne sommes plus vivants c'est un leurre. Nous nous sommes embourbés dans la nuit, et la coke. Nous hantons les endroits sordides, à l'est, dans ces quartiers dont nous ignorions jusque-là l'existence, nous nous vautrons dans la saleté des autres, nous nous nourrissons de vapeurs glauques, de rencontres vaines, et de cette omniprésente putréfaction de l'âme qu'on ne retrouve que la nuit, et à laquelle nous aspirons malgré nous.
Nous nous jouons la comédie de la vie, mais nous sommes plus morts que vifs. Des cadavres animés. Je m'essoufle... mon désir de poursuivre est syncopé. Je n'en peux plus... Je me tape un trait. Chaque jour, j'assiste à l'abaissement de l'homme que j'aime, son menton qui heurte la table, ses mains tremblantes qui vident le sachet, qui façonnent les lignes, et elles disparaissent en un dixieme de seconde dans le geste saccadé qu'il fait pour les aspirer, don entier de son être où je suis une intruse.
Le nez plein, les yeux vides.
On ne baise meme plus. J'ai en permanence un goût de métal dans la gorge, je ne sens plus mes gencives, je saigne du nez tous les matins. C'est le huit clos, l'autarcie. On n'appelle plus que notre dealer. On essaye de tout essayer. Hier, on a fumé du crack. Plaque de verre, billet roulé, cristaux immaculés. Il m'a volé mon vice. Ca ne se vit pas à deux


Janis Joplin - Summertime
Bob Dylan - Workingman's Blues 2
Buckcherry- I love the cocaine
Eric Clapton - Cocaine

# Posté le lundi 30 avril 2007 11:42

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